Le revenu minimum garanti

C’est tardivement que j’ai pu entreprendre la rédaction de cet article car je n’avais plus accès à mon blog, ni à Twitter et à de nombreux autres sites sécurisés, jusqu’à ce que je découvre que seul le navigateur Mozilla Firefox me le permettait car ce logiciel gère lui-même les certificats de serveur … Dans mon article La création monétaire par l’État, j’ai brièvement abordé le sujet du revenu minimum garanti (RMG) aussi appelé « revenu de base » et j’y ai également parlé du mouvement créditiste qui faisait la promotion d’un système social comparable dans plusieurs pays au tout début des années ’70. Ce mouvement s’est malheureusement éteint peu après pour différentes raisons. Quoi qu’il en soit, l’idée du revenu minimum garanti sera toujours d’actualité dans les milieux de gauche car c’est le moyen le plus naturel et logique de forcer les plus riches à partager une partie de leur fortune avec ceux et celles qui en ont vraiment besoin.

Le but premier de ma démarche dans ce blog néocommuniste est de promouvoir la création d’un système économique et social qui permettrait d’éradiquer totalement la pauvreté. Il va de soit que si le capitalisme ne faisait pas de victimes et profitait équitablement à tous, il serait inutile d’y chercher une alternative, mais la réalité est toute autre et l’urgence d’un changement profond se fait de plus en plus sentir. Évidement, pour que le partage des richesses dans un pays soit possible, il doit y en avoir à partager, ce qui n’est pas le cas de très nombreux pays pauvres, mais il n’y a aucune raison valable pour les richesses ne soient systématiquement partagés dans les pays déjà riches comme le Canada où j’habite.

Le revenu de base

Les filets sociaux existants

Dans la plupart des pays riches et socialement évolués, il y a déjà une panoplie de filets sociaux pour subvenir aux besoins des personnes n’ayant pas de revenus suffisants pour vivre convenablement ou même à peine survivre comme c’est le cas des gens qui en sont réduit à vivre de l’aide sociale. Mais bien que ces filets existent, il y a tout de même des dizaines de milliers de sans-abris qui sont passé à travers leurs mailles sans pouvoir y remonter et sans aucun revenu car ils n’ont plus d’adresse fixe. C’est donc dire que la pauvreté extrême existe même dans les pays les plus riches sans que des mesures adéquates soient prises pour aider ces miséreux qui ont eu un jour le malheur de se retrouver subitement à la rue, sous les yeux indifférents des sales bourgeois qui les méprisent.

Les plus importants de ces filets sociaux sont sans contredit les prestations destinées aux gens âgés, la majorité d’entre eux n’étant plus en mesure de travailler pour assurer leur subsistance. La seule condition est d’avoir atteint l’âge requis pour en bénéficier … tous y ont droit qu’ils soient pauvres ou milliardaires. Le montant total de ces prestations varie cependant selon les contributions des retraités tout au long de leur vie active. Toutefois, nombreux sont ceux qui continuent de percevoir divers revenus à leur retraites mais comme tous sont tenus de produire un rapport d’impôt sur le revenu, ils se trouvent à retourner dans les coffres du gouvernement une partie ou la totalité des prestations reçues. Au Canada, les gens ayant des revenus annuels inférieurs à environ 12000$ n’ont pas à pas d’impôts. Une forme de revenu minimum garanti existe donc ici pour les aînés.

Les autres types de filets sociaux sont tous conditionnels. Depuis longtemps, les familles canadiennes reçoivent des allocations familiales dont le montant varie selon le nombre d’enfants à leur charge, une mesure qui fut jadis mise en place pour stimuler la natalité. L’aide sociale fut créée pour subvenir aux besoins des familles n’ayant pratiquement aucun revenu et depuis le début des années ’70 pour tout ceux et celles étant dans la même situation précaire. Les bénéficiaires de l’aide sociale ont cependant le droit d’avoir des revenus de travail jusqu’à 200$ par mois sans diminution du montant de leurs prestations mais ce doit obligatoirement être du travail pour un employeur, en aucun cas des revenus tirés d’un travail autonome, c’est strictement interdit par la loi. Mais dans les faits, bien peu de bénéficiaires se prévalent de cette exception pour de nombreuses raisons, la première étant qu’ils sont immédiatement soupçonnés de travailler au noir et se font constamment harceler par les agents de l’aide sociale tout comme leur nouvel employeur. Donc pour éviter les problèmes, la presque totalité des bénéficiaires préfèrent ne pas travailler du tout, sinon un peu au noir au risque constant de se faire dénoncer par des langues fourchues fascistes …

Finalement, il y a les filets sociaux destinés aux chômeurs pour une durée de plus en plus courte, des prestations pour les victimes d’accidents de travail et depuis assez récemment un régime d’assurance-maladie universel gratuit pour les moins nantis mais auquel les contribuables qui ont des revenus suffisants pour payer de l’impôt doivent contribuer plus ou moins généreusement, selon leurs revenus. Une armée de fonctionnaires assez grassement payés sont employés pour gérer chacun de ces filets sociaux conditionnels, tous plus suspicieux les uns que les autres, leur emplois consistant surtout à vérifier si les bénéficiaires remplissent toutes les conditions nécessaires pour y avoir droit, créant ainsi un climat très malsain.

Sans ces multiples filets sociaux, une grande partie de la population serait si pauvre que l’économie du pays s’écroulerait très rapidement, la criminalité augmenterait en flèche et les autorités auraient continuellement à faire face à la révolte des classes les plus défavorisée. Le but premier n’est donc pas d’aider la population mais de s’en protéger et maintenir la santé économique du pays. Tout est mis en oeuvre pour que les employeurs aient constamment un bassin de main-d’oeuvre à bon marché à leur disposition, ce qu’on appelle dans le jargon communiste le « sous-prolétariat », composés des chômeurs à la recherche d’emplois qui composent environ 8% de la population active et des bénéficiaires de l’aide sociale aptes au travail mais dont aucun employeur ne veut en temps de récession comme actuellement à cause des préjugés dont ils sont victimes. La plupart d’entre-vous diront que nous sommes bien chanceux au Canada d’avoir tout ces filets sociaux mais ce pourrait être encore bien mieux tout comme dans votre propre pays, c’est uniquement une question de bonne organisation sociale.

Le partage des richesses

Il y a plus de 160 ans, à l’époque où la productivité humaine était encore très faible et toute la main-d’oeuvre disponible était requise pour travailler, même les enfants, Karl Marx (oui, encore lui) disait que dans le calcul du prix des biens produits (sans la plus-value capitaliste), il fallait également inclure la sécurité sociale, évidement pour les personnes ne pouvant travailler, les femmes enceintes, les vieillards, les infirmes, les malades mentaux, etc. Il disait également ailleurs que celui qui ne travaille pas ne doit pas manger … Il parlait bien sûr des bourgeois qui s’enrichissent en exploitant les travailleurs sans eux-mêmes vraiment travailler, un comportement encore plus répandu aujourd’hui qu’alors. Malheureusement, les dirigeants à l’attitude dogmatique des pays communistes, prenant au pied de la lettre les écrits de Marx, semble n’avoir retenu que la citation « celui qui ne travaille pas ne doit pas manger », laissant cruellement crever de faim les gens incapables de travailler ci-haut mentionnés, il n’était pas question de sécurité sociale dans ces pays très pauvres, n’ayant que des moyens de production moyenâgeux. Le partage des richesses signifiait alors « partage les richesse entre les travailleurs », ceux et celles ne pouvant travailler devaient compter sur l’aide de leur famille, sinon mendier ou voler pour survivre, une situation toujours existante dans de nombreux pays.

Aujourd’hui, alors que la productivité, grâce aux machines, à l’automatisation et aux ressources énergétiques, la situation est entièrement différente, seulement une faible partie de la population est requise pour produire tout ce dont elle a besoin. Un vieillard avec son gros tracteur ultramoderne, insonorisé avec air climatisé, peut labourer des centaines d’acres de terre sans se fatiguer alors qu’au début du siècle dernier, des dizaines de travailleurs aidés de chevaux ou de boeufs étaient requis pour faire le même travail. Le Canada par exemple est un exportateur de matières premières, ce qui demande peu de main-d’oeuvre, nos produits manufacturés proviennent maintenant en grande partie des pays en voie de développement en Asie ou au Mexique, la majorité des emplois qui nous restent sont dans les services internes, sauf ceux reliés au tourisme qui est une forme d’exportation. Cependant, un grand nombre des emplois dans le secteur des services sont saisonniers ou à temps partiel, les emplois stables à temps plein et à vie, ça n’existe presque plus et notre société semble incapable de s’adapter à cette nouvelle réalité, les travailleurs et travailleuses qui doivent constamment changer d’emplois ou occuper des postes à temps partiel ont besoin d’un revenu supplémentaire pour « réussir à joindre les deux bouts » comme on dit ici.

Les filets sociaux dont je parlais plus haut convenaient à l’époque du plein emploi, alors qu’il y avait beaucoup de travail dans l’industrie manufacturière, ils coûtent déjà très cher aux contribuables en partie à cause des salaires des fonctionnaires qui les gèrent parce qu’ils sont tous conditionnels et de plus en plus en demande à cause de la situation précaire de l’emploi. Comme en principe, tout le monde a déjà un revenu suffisant pour vivre, provenant du travail et/ou des prestations de l’État providence, un revenu minimum garanti et sans conditions pour tous pourrait remplacer avantageusement tous les filets sociaux existants, avec majoration pour ceux ne pouvant vraiment pas travailler, en permanence ou temporairement. Pour gérer tout ça, seule une fraction des fonctionnaires actuels serait requise car il n’auraient pas à vérifier qui y a droit car tout le monde y aurait droit, même les plus riches. Tout comme dans le cas des allocations pour les retraités, les contribuables qui ont des revenus assez élevés retourneraient en partie ou en totalité les montants reçus en prestation de revenu de base. En réalité, ce système sans conditions beaucoup plus simple à gérer coûterait moins cher qu’actuellement et serait socialement très avantageux pour l’économie de pays et l’ensemble de la population, la façon idéale de partager les richesses. Évidement, les bourgeois y perdraient alors leur bassin de main-d’oeuvre à bon marché, leur instrument de chantage et de manipulation du prolétariat depuis toujours.

Les avantages du revenu minimum garanti

Non seulement le RMG remplacerait avantageusement tous les filets sociaux actuels, il procurerait un sentiment de sécurité à tous et à toutes. Également une base solide sur laquelle s’appuyer permettant d’occuper des emplois jugés aujourd’hui précaires sans en souffrir et sans problèmes, une base solide pour démarrer sa propre petite entreprise sans craindre qu’elle ne rapporte pas suffisamment pour vivre et devoir déclarer faillite, ce qui est aujourd’hui très fréquents. Ce serait donc un système parfait pour les artisans, artistes, petits entrepreneurs et petits commerçants désirant vivre en partie de leur travail même si ce n’est pas très payant au début mais peut-être de plus en plus par la suite, jusqu’au moment où ils seraient en mesure de remettre la totalité des prestations reçus à l’État sous forme d’impôts sur le revenu, tout en percevant les taxes de ventes habituelles sur les produits de leur travail, biens ou services. Des milliers de petites entreprises verraient vite le jour, elles pourraient aisément grandir grâce au RMG, en devenir des moyennes et par la suite des grandes avec de la chance et une bonne gestion, ce serait un levier économique formidable pour tout pays. Actuellement, il est très difficile et hasardeux pour les personnes ayant peu de moyens de démarrer une entreprise, c’est une activité pour laquelle les riches bourgeois qui détestent la concurrence ont le monopole, c’est pour servir les classes dominantes que la société est ainsi organisée.

Un tel revenu de base permettrait également d’abolir le salaire minimum car il deviendrait très difficile pour les employeurs d’embaucher de la main-d’oeuvre sans bien la payer, parce que ce système en créerait une pénurie artificielle constante. Cependant, accepter de travailler pour un très bas salaire, pratiquement par plaisir, serait un choix personnel, on peut aussi penser qu’une personne pourrait accepter un bas salaire le temps de prendre de l’expérience ou apprendre un nouveau métier, j’ai déjà travaillé pendant trois mois sans salaire pour cette raison et ça m’a énormément rapporté les quinze années suivantes … Les employeurs ne se sentiraient plus obligés de payer des congés de maladie à leur personnel qui n’auraient plus à compter uniquement sur leur salaire pour vivre, mais la plupart paieraient quand même ces congés pour ne pas perdre leur précieux personnel. Même chose pour les vacances annuelles, les travailleurs et travailleuses pourraient se permettre de plus longues vacances si le RMG leur en donne les moyens, ce serait une question de choix, vous pourriez dire à votre patron, je prend deux semaines de vacances aux fêtes et un mois l’été prochain, la belle vie quoi. Il serait obligé d’embaucher une personne pour vous remplacer pendant ces périodes mais les emplois temporaires étant devenu intéressants grâce au RMG, il n’aurait pas trop de difficulté à en trouver une.

Mon article ne serait pas complet sans mentionner les bienfaits du RMG sur le bénévolat. Comme vous le savez tous, les bénévoles sont des personnes qui donnent de leur temps, qui travaillent pour aider les gens dans le besoin ou pour une cause qui leur tient à coeur et ce sans but lucratif, sans être payés pour ce qu’ils font. Très souvent, les bénévoles sont des gens âgés qui font ça pour se désennuyer ou se rendre utile, souvent aussi des gens à l’abri du besoin. Le RMG permettrait à tout ceux et celles qui le désirent de faire du bénévolat à temps plein ou presque sans avoir se soucier de leur propre subsistance. Remarquez que le bénévolat peut prendre de nombreuses formes, maintenir gratuitement des sites, des blogs ou des pages Facebook pour une cause ou simplement pour transmettre des connaissances et de l’information est aussi du bénévolat … Le travail ne doit pas être nécessairement payant comme le croient pratiquement tous les capitalistes, mais il faut bien un revenu pour vivre dans leur monde impitoyable. Lorsqu’un stupide bourgeois me demande combien ça me rapporte de rédiger mon blog communiste, ça me met hors de moi et je lui répond en le regardant avec des fusils dans les yeux : « Aye le cave, je suis communiste, tu pense quand même pas que je fais ça pour de l’argent » … (cave = expression québécoise pas très flatteuse)

Outre ces avantages indéniables, des centaines de milliers de personnes ne travaillant pas du tout actuellement pour des raisons de santés, de condition physique ou mentale, ou encore parce qu’elles sont trop âgées, pourraient arrondir leurs fins de mois en travaillant quelques heures par semaines ou quelques semaines ou mois par années, à leur rythme et selon leurs besoins, et ce sans se faire harceler par les fonctionnaires suspicieux dont je parlais plus haut, ce qui est un net dés-incitatif à retourner sur le marché du travail. Le travail partiel et temporaire au noir deviendrait un travail légal au grand jour et sans contraintes. En réalité, le RMG serait avantageux pour tous, des plus pauvres, qui pourraient vivre plus confortablement, aux plus riches car leurs clients auraient plus d’argent à dépenser dans leurs commerces et leurs entreprises. Actuellement, toutes les entreprises de mon pays ferment les unes après les autres, particulièrement les restaurants et les hôtels (à cause des lois anti-tabac et de la pénurie de touristes), la situation est catastrophique. Pour que « l’économie roule », il faut que tous les consommateurs aient des revenus suffisants à dépenser, des surplus monétaires pour leurs loisirs ou se payer des choses dont ils rêvent depuis longtemps, voilà ce qu’offrirait le RMG, c’est aussi simple que ça. L’économie pour les nuls, c’est un peu comme le cycle de la pluie, l’eau des océans s’évapore (le travail) grâce au soleil (la consommation), forme les nuages (la distribution des biens), retombe partout au sol (les revenus du travail) pour faire grandir les plantes (nous) et retourne finalement dans les océans. Un supplément de soleil (l’effet du RMG) ne ferait pas de tort en ces temps de désertification économique …

Les désavantages du revenu minimum garanti

Je me demandais bien quoi écrire ici … La plupart diront que certaines personnes ne se donneront plus la peine de travailler si le RMG leur donne les moyens de subvenir à leur besoins de base, un petit logis, de la bouffe, des passe-temps peu dispendieux et ils ont raison. Il y en aura toujours qui préfèrent ne rien foutre mais il n’en reste pas moins que ce sont aussi des consommateurs qui procurent du travail à ceux qui travaillent et ils ont aussi le droit de vivre comme tout êtres vivants. Les prestations du RMG pour les personnes aptes au travail doivent permettre de vivre ainsi, pratiquer ce qu’on appelle la « simplicité volontaire » … mais actuellement, on devrait plutôt parler de « simplicité involontaire ». Si nombreux seront ceux et celles qui feraient le choix de vivre ainsi pour quelques raisons que ce soit, ça laissera tout simplement plus de travail pour ceux et celles qui préfèrent vivre beaucoup plus confortablement. Mais ne vous méprenez pas, l’argent est une drogue, lorsqu’on a bien goûté à ses avantages, on en veut habituellement de plus en plus, ceux qui se refusent à travailler, c’est habituellement parce qu’ils n’ont jamais été payé convenablement pour leur travail et qu’ils ont le sentiment que ça ne leur a jamais rien rapporté, sauf des ennuis. Par contre, pour les gens ayant des problèmes récursifs de jeu, d’alcool ou de drogue, la « simplicité volontaire » vaut peut-être mieux.

Certaines personnes n’ayant jamais travaillé peuvent vite devenir de véritable bourreaux de travail si elles adorent ce qu’elles font et grandement améliorer leurs conditions de vie, il faut juste que la société leur donne la possibilité de travailler pour un revenu décent plutôt que de les exclure ou les jeter en pâture aux exploiteurs capitalistes … L’inverse est vrai aussi, à un certain moment, une personne ayant longtemps travaillé et possédant déjà tout, une grande maison en ville payée, un beau chalet à la campagne payé, une voiture neuve payée, plein de belles choses et de substantielles économies, pourrait prendre sa retraite avant le temps et profiter pleinement de ses possessions durement gagnées jusqu’à la fin de ses jours. Grâce au RMG inconditionnel, tout personne désirant en vivre exclusivement pendant un certain temps pourrait conserver tout ses acquis. Actuellement, pour avoir droit à l’aide sociale (au Québec), il faut posséder bien peu de choses, jamais plus de 1500$ en argent, une automobile d’une valeur 2500$ au maximum, une modeste maison déjà acquise évaluée à moins de 90000$ , tout excédant entraîne des coupures substantielles dans les prestations ou même le droit d’en recevoir. Ça ne donne donc rien à ceux et celles devant faire périodiquement appel à l’aide sociale pour vivre d’économiser pour leur avenir quand ils doivent avoir presque tout perdu avant d’avoir droit à l’aide sociale de nouveau. C’est également ce qui fait que les riches sont esclaves de leur propre argent et leurs possessions, ils ne peuvent arrêter bien longtemps sinon ils perdent tout, pour eux, c’est marche ou crève. Tout le monde fonctionne à la menace en ce bas monde …

Le montant des prestations du revenu minimum garanti

Comme je le disais un peu plus haut, le RMG doit au moins permettre de vivre dans un confort relatif et se nourrir convenablement. Si les moins nantis ont droit à un petit logement subventionné (un HLM), le montant n’a pas à être très élevé. Deux personnes ou plus aptes au travail désirant améliorer leurs conditions de vie sans même devoir travailler peuvent toujours cohabiter dans un plus grand logement ou une petite maison, mais être capable de vivre en commune ou simplement avec une autre personne n’est pas donné à tout le monde. Mais grâce au RMG, la plupart des gens préfèrerait travailler au moins de temps à autres pour substantiellement augmenter leurs revenus car je le rappelle, travailler devient vite une activité agréable lorsqu’on a le sentiment que ça rapporte vraiment quelque chose de plus.

Le montant des prestations doit cependant être majoré pour les personnes partiellement ou totalement inaptes au travail car elles ne peuvent faire le choix de travailler pour de meilleurs revenus comme les autres. Les parents ayant des enfants à charge doivent aussi recevoir plus car le RMG remplacerait également les allocations familiales, le parent choisissant de rester au foyer pour s’occuper des enfants et effectuer les travaux domestiques recevrait enfin un salaire … Les étudiants adultes également doivent recevoir plus car non seulement ils doivent subvenir à leurs besoins de base, ils ont habituellement des frais supplémentaires à payer. Rien ne les empêcherait de recevoir également des revenus d’un petit travail en autant que ça ne nuise pas trop à leurs études. Le savoir est une richesse profitant à la société entière, il ne faut pas mettre des bâtons dans les roues aux étudiants comme le font actuellement nos stupides gouvernements mais les aider à poursuivre leurs études jusqu’au plus haut niveaux possible.

Si vous avez lu mon article La monnaie temps de travail, vous vous rappelez peut-être que je proposais également un supplément au RMG pour inciter les étudiants à faire des études dans des domaines délaissés mais absolument nécessaires au bon fonctionnement de la société. J’y ai aussi mentionné qu’un supplément au RMG serait approprié pour inciter les travailleurs et travailleuses des entreprises de l’État à occuper des postes dont personne ne veut, parce que ce sont des emplois très éprouvants, répugnants, dégradants ou dangereux, mais qu’il faut bien qu’ils soient comblés. Le fait est que je proposais que tous ces employés(es) reçoivent un salaire équivalent au salaire horaire moyen dans le privé, mais payé en monnaie locale dont l’unité équivaudrait à une heure de travail normal, le UU (unité universelle ou universal unit). Mais évidement, une telle monnaie locale créée par l’État au besoin n’est absolument pas un prérequis pour instaurer le RMG dans n’importe quel pays, qu’il soit communiste ou capitaliste, leur monnaie nationale actuelle convient parfaitement. Le RMG est uniquement une mesure sociale et humaniste pour rendre la vie plus facile et agréable au peuple et par le fait stimuler la consommation, donc l’économie et l’emploi. Actuellement, la seule chose que nos gouvernements font pour stimuler la consommation est de forcer les banques à prêter au plus bas taux d’intérêts possible mais ça ne fonctionne pas car les dettes publiques et personnelles ont déjà atteint un niveau très dangereux pour l’économie mondiale, un bel héritage que nous laissons aux générations futures …

En conclusion

Je crois bien avoir couvert les principaux aspects du revenu minimum garanti, ses avantages et ses conséquences. À ma connaissance, un tel système n’a jamais été instauré de façon permanente dans aucun pays car ce serait le cauchemar des classes dirigeantes qui ne pourraient exploiter et manipuler le « petit peuple » à leur guise. Mais plusieurs expériences ont été tentées un peu partout dans le monde et les résultats furent très positifs dans tous les cas, aucune baisse de productivité ne fut observée, la qualité de vie des populations visées s’est grandement améliorée entrainant par le fait une forte baisse de la criminalité. Le RMG, c’est en partie comme au Monopoly, le jeu bien connu inventé il y a longtemps par un chômeur, à chaque fois que vous passez à GO, vous recevez 200$ inconditionnellement, donc un revenu de base. Le jeu vous permet ensuite d’avoir des revenus supplémentaires moyennant certains efforts et ainsi vous enrichir, une analogie un peu boiteuse je l’admet, aux revenus de travail … Le genre d’anarcho-communisme libertaire dont je fais la promotion dans ce blog permet la propriété privée mobilière et immobilière ainsi que la libre entreprise mais décourage l’acquisition de propriétés privées foncières car la terre et ses ressources devrait appartenir collectivement à tous et non seulement aux plus riches. Les entreprises de l’État y auraient un rôle palliatif aux entreprises privées qui dans un cadre purement capitaliste se sont toujours avérées incapables de fournir du travail et un salaire convenable à toute la main-d’oeuvre disponible. Je n’ai rien inventé, la propriété privée n’a jamais été abolie dans la grande majorité des pays communistes et la libre entreprise est maintenant permise en Chine, au Vietnam, au Laos et à Cuba, une nécessité pour assurer leur survie dans notre cruel monde capitaliste. Il n’y a que la Corée du nord avec son régime dictatorial au modèle stalinien qui fait encore exception mais ils devront tôt ou tard suivre l’exemple des quatre autres pays encore officiellement communistes. Le sujet de mon prochain article sera la démocratie directe, la pierre angulaire d’un réel changement dans le monde.

Quelques lectures complémentaires :

Wikipédia – Le revenu de base
L’Allocation Universelle
Le film « Le revenu de base, une impulsion culturelle »

Alain Poitras – Activiste néocommuniste

Advertisements

À propos de Alain Poitras

Pour un Communisme Libre et Démocratique, visitez mon blog : https://alainpoitras.wordpress.com/
Cette entrée, publiée dans Pour un Communisme Libre et Démocratique, est marquée , , , , , , , , , . Mettre ce permalien en signet.