Ma conception du communisme idéal

Mes articles précédents n’étaient qu’une mise en contexte pour ceux qui vont suivre. J’y ai principalement fait part de ma perception du monde capitaliste actuel et de ma position vis à vis les nombreuses idéologies véhiculées par les communistes d’aujourd’hui.

Maintenant que c’est fait, le temps est venu pour moi de mettre mes principales cartes sur la table. Mes prochains articles seront surtout consacrés à mes idées personnelles concernant ce communisme libre et démocratique, c’est la raison d’être de ce blog.

Comme je l’ai déjà mentionné, je ne fais encore partie d’aucune organisation communiste, je ne me réclame d’aucune idéologie communiste en particulier et je porte un regard très critique sur celles-ci. Mes opinions et les idées sur lesquels j’élaborerai n’impliquent donc que moi seul et personne d’autre.

Un néocommunisme attrayant pour la majorité

Le système communiste libre et démocratique que j’ai à proposer conviendra assurément à la majorité car il améliorerait substantiellement les conditions de vie de tous ceux et celles ne faisant pas partie des classes dirigeantes qui sont en nette minorité. Il tient compte du fait que le capitalisme ne pourrait céder sa place au communisme que graduellement, surtout au niveau mondial. Ces deux systèmes contradictoires devront donc obligatoirement cohabiter pendant cette longue transition.

La caractéristique principale du communisme est la mise en commun des grands moyens de production, des richesses naturelles et services publics, ce qui implique que l’État collectif devra graduellement nationaliser toutes les grandes entreprises privées et devenir de ce fait le principal employeur. Toutes les entreprises de l’État devront être à but non lucratif, donc ne générer aucun profit … sauf dans le cas des exportations vers les pays capitalistes qui se feront « aux prix du marché international ». C’est la très forte concurrence de l’État envers les entreprises privées qui fera disparaître celles ayant des pratiques capitalistes excessives.

La caractéristique principale du capitalisme est son système bancaire de création monétaire, basé sur l’effet multiplicateur du crédit, un système usurier archaïque destiné à perpétuer l’enrichissement des classes dominantes minoritaires. Pour anéantir graduellement ce système, l’État collectif devra créer au besoin une monnaie parallèle qui servira aux échanges nationaux et entre les pays communistes égaux. L’unité de cette monnaie devra équivaloir au salaire d’une heure de travail ordinaire pour être une base universelle incontestable partout dans le monde. Une telle monnaie secondaire pourrait donc être considérée comme bon de travail ou monnaie interne non convertible à l’extérieur du pays, tel le CUP Cubain ou le CNY Chinois. Elle permettrait la réalisation de travaux gigantesques et urgents qui sont devenus un luxe que même les pays les plus riches ne peuvent plus se permettre à cause de leur énorme dette publique.

La monnaie officielle utilisée pour le commerce international pourrait simplement être le dollar américain, l’Euro ou le Yuan, n’importe laquelle de ces merdes capitalistes interchangeables ferait l’affaire … Sans une telle réforme, aucun système ne pourra survivre éternellement, qu’il soit communiste ou capitaliste. La création monétaire basée sur les dettes et la consommation exponentielle ne peut que mener directement au désastre, c’est la pire contradiction du système capitaliste.

Les deux paragraphes suivants ont été modifiés le 6 janvier 2014.

La liberté implique que les travailleurs aient le choix entre le travail salarié pour l’État collectif ou pour une entreprise privée, sinon de tirer leurs revenus d’une coopérative ou une entreprise privée. Afin d’éliminer totalement la pauvreté et l’exploitation sous toutes ses formes, chacun et chacune aura droit à un revenu minimum de base variable selon son statut social, le mécanisme par excellence de partage des richesses. Grâce à la création monétaire par l’État collectif pour tous ses besoins, il sera possible de réduire considérablement les taxes et les impôts. Toutes les entreprises privées dûment enregistrées seront tenues de payer de l’impôt sur leurs profits réels ainsi que les gens ayant des revenus supérieurs à ceux de la moyenne des salariés, comme les professionnels, les cadres supérieurs et les propriétaires spéculateurs. Ceci permettra à l’État communiste de contrôler étroitement leurs « activités capitalistes » jusqu’à ce qu’un jour, ce système injuste soit totalement anéanti partout dans le monde, ce qui entre nous pourrait prendre des centaines d’années …

Toute personne aura le droit de posséder, acheter ou revendre n’importe quel bien matériel mais dans le cas des terrains, cette pratique devra devenir de plus en plus difficile et inutile. Il sera par contre très facile d’en louer de l’État collectif à plus ou moins long terme pour son usage personnel ou une exploitation commerciale aux conditions spécifiées dans un bail emphytéotique standard  de 9 à 99 ans renouvelable selon les besoins. Les très nombreuses personnes qui possèdent déjà des terrains pourront les conserver mais payer une taxe équivalente ou même supérieure au montant de la location de terrains semblables mais pourront en tout temps les vendre à l’État au prix que celui-ci leur offrira, se débarrassant ainsi d’une possession devenue un fardeau financier et continuer à les occuper si désiré en les louant de l’État. Cette mesure communiste de réappropriation foncière mettrait éventuellement fin à cette grande caractéristique injuste du capitalisme qu’est la propriété foncière, un malheureux vestige du féodalisme.

Plusieurs services publics essentiels seront entièrement gratuits ou partiellement pour éviter les abus. Ceux pour lesquels il faudra payer seront à but non lucratifs. L’État collectif construira également la majorité des immeubles à vocation commerciale et résidentielle qui seront vendus à tempéraments sans intérêts ou loués au plus bas prix possible, tout comme les véhicules à usage personnel qui seront fabriqués par les entreprises de l’État.

La banque de l’État collectif ne servira qu’à conserver les avoirs monétaires des déposants en sécurité, à gérer les transactions électroniques et échanger les devises. Elle ne paiera pas d’intérêts et ne fera aucuns prêts, dans le système communiste d’abondance et de providence comme je vous propose, il n’y aurait plus de raisons de s’endetter pour consommer car le pouvoir d’achat de tous serait amplement suffisant pour vivre très confortablement. Cependant, ceux qui désirent absolument s’endetter jusqu’aux cou et payer de juteux intérêts n’auront qu’à s’adresser aux banques privées qui subsisteront encore, des fous qui veulent vivre au dessus de leurs moyens, il y en aura toujours.

Il y a un très grand nombre de sujets importants concernant la société que je n’ai pas spécifiquement mentionné comme les systèmes de santé et d’instruction. Je n’ai également que très peu élaboré sur les points de nature économique que j’ai soulevé, j’approfondirai chacune de ces idées dans mes prochains articles. Je crois que ce que je viens d’écrire est suffisant pour piquer votre curiosité et vous donner une vue d’ensemble du type de communisme que je vous propose et qui plairait assurément à la grande majorité.

La dictature de la démocratie directe

La démocratie directe

La démocratie directe

Les grands théoriciens communistes ont abondamment parlé de « la dictature du prolétariat » comme étant à la base du communisme. De nos jours, il conviendrait plutôt de parler de la dictature de  la majorité par l’entremise de la démocratie directe.

La démocratie représentative de la totalité des pays donne lieu aux pires abus des élus et fonctionnaires, conflits d’intérêt, lobbying, collusion, corruption et associations avec le crime organisé sont des agissements très courants à tous les niveaux des gouvernements. La réalité est qu’on ne peut faire confiance à la majorité des humains ou petits groupes d’humains pour prendre les décisions, aussitôt qu’ils ont le pouvoir entre les mains, ils deviennent vite des monstres avides de privilèges et des dirigeants totalement incompétents. C’est la principale cause de l’échec lamentable du communisme en URSS, en Chine et en Corée du Nord.

Aucun parti politique ne devrait donc avoir le pouvoir, les fonctionnaires et représentants du gouvernement ne devraient jamais pouvoir prendre de décisions importantes mais seulement appliquer celles prises par l’ensemble du peuple par le biais d’un système éprouvé de démocratie directe. Tous les gens œuvrant au gouvernement devraient être d’une totale transparence et révocables en tout temps par décision du peuple qui surveille tous leurs faits et gestes.

La démocratie directe devrait aussi gérer toutes les entreprises, qu’elles soient gouvernementales ou même privées. Elle existe déjà sous une certaine forme en Nouvelle-Angleterre aux États-Unis lors de réunions annuelles et en Suisse où de très nombreuses décisions sont prises par référendums publics. Ce type de démocratie peut donc convenir même dans un pays capitaliste. Comme je l’expliquais dans un précédent article, Cuba a mis en place un système politique à mi-chemin entre la démocratie représentative et directe. C’est un signe évident d’évolution pour ce pays communiste et même un exemple à suivre pour tout pays capitaliste.

Idéalement, ce système devrait être totalement informatisé et accessible à tous par Internet, mais pour pallier aux difficultés d’accès dans certaines régions, il devrait pouvoir être complété par un système téléphonique et par bulletins de vote conventionnels. La démocratie directe à aussi ses limites car tous ne pourront ou ne voudront y participer et plusieurs n’ont pas les compétences requises pour prendre part aux décisions. Mais considérant les faibles taux de participation aux élections législatives actuelles et la qualité moyenne des électeurs, je ne crois pas que ces limites soient bien tragiques. Ce système pourrait être mis en oeuvre dès maintenant à l’échelle mondiale et servir entre autres à organiser  la Cinquième Internationale … Avec le temps, ses défauts pourront être corrigés et les peuples apprendront à participer et s’en servir.

Considérant à quel point la majorité serait choyée dans le système communiste que j’ai décrit plus haut, un monde sans chômage dans lequel la vie serait facile et agréable pour tous,  je crois que bien peu de personnes voudraient revenir à l’enfer du capitalisme totalitaire. Seuls les plus riches s’en plaindraient constamment mais comme ils sont en minorité et qu’ils n’auraient plus aucun pouvoir, ils n’auraient d’autres choix que de prendre leur trou et subir l’éternelle dictature de la majorité.

Alain Poitras – Activiste néocommuniste

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À propos de Alain Poitras

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