Les revendications des classes opprimées

Billet de banque à l'effigie de Karl Marx

Billet de banque à l’effigie de Karl Marx

Ce que souhaitent depuis toujours les classes opprimées du monde, esclaves, serfs, salariés mal payés et chômeurs forcés, c’est simplement de sortir de la misère, de la pauvreté, de la soumission et l’exploitation par les plus riches, de ne plus être confrontés à la faim et la maladie sans rien pouvoir y faire.

Ils veulent simplement avoir aussi la possibilité de vivre confortablement, heureux et en santé comme les petits-bourgeois des pays riches. Ils veulent être suffisamment rémunérés pour leur travail afin de pouvoir se payer tout ce dont ils ont besoin pour profiter pleinement de la vie, peu importe leur occupation et le pays où ils vivent.

L’immense majorité des humains sur terre ont tout juste assez d’argent à leur disposition pour survivre, se payer le minimum vital, un logis très modeste, quelques vêtements et biens de consommation courante, tout juste assez de nourriture pour ne pas tomber malade au point de ne plus pouvoir travailler. Des centaines de millions de personnes n’ont même pas la chance d’avoir ce minimum vital et crèvent littéralement de faim et de maladies pour lesquels ils n’ont accès qu’à peu ou pas de soins et médicaments, même aux États-Unis qui est pourtant la première puissance mondiale …

Ils vivent tous dans un état d’austérité sordide contre leur gré, soit parce que leur pays est pauvre ou qu’ils font partie des classes les plus pauvres de leur pays riche. Seule une faible minorité d’entre eux ont la chance de s’en sortir en travaillant très fort et en étudiant pour obtenir un emploi plus rémunérateur, encore faut-il qu’ils puissent déjà avoir des revenus d’emploi. La seule façon pour certains d’améliorer leur sort dans nos sociétés capitalistes est de s’adonner à des activités illégales avec tous les risques que cela comporte.

Les revendications des classes opprimées ne sont donc pas que les classes les plus riches deviennent aussi pauvres que les leurs mais bien de ne plus être opprimés et avoir leur juste part du grand gâteau. Tous les pauvres rêvent d’avoir un jour un logis confortable et bien meublé, un garde-manger toujours plein, des appareils comme ils voient annoncés dans les publicités destinés aux classes les plus riches, systèmes de son, téléviseurs et ordinateurs dernier cri.

Ils veulent avoir des revenus suffisants pour se payer une automobile récente afin de pouvoir se déplacer n’importe où sans contraintes, un appartement ou une maison privée correspondant à leurs besoins, même un chalet à la campagne si ils le désirent, tout comme la majorité des petits-bourgeois des pays riches. Il y a énormément de personnes défavorisées qui s’adonnent aux jeux de hasard et achètent des billets de loterie dans l’espoir de pouvoir se procurer ce dont la société capitaliste leur à toujours refusé.

Maison flamande aux géants

Maison flamande aux géants

Ma théorie sur la consommation est que tous les humains sur terre aient à leur disposition un revenu minimum de base qu’ils aient des revenus de travail ou non et que tous puissent dépenser leurs revenus comme bon ils leur semble.

Chacun devrait pouvoir librement acheter ou revendre n’importe quel objet. Véhicules, bâtiments ou résidences sont aussi des objets et ont la caractéristique d’avoir une durée de vie limitée comme tout les autres objets que nous fabriquons. La liberté consiste à pouvoir en posséder dans la mesure où les moyens financiers acquis par le travail nous le permettent. La seule restriction dans les possessions serait qu’il soit impossible de posséder des terrains, ce ne sont pas des objets et la terre appartient à tous, on ne pourrait que les louer de la collectivité pour aussi longtemps qu’on désire les utiliser. Je reviendrai sur ces très importants sujets dans mes futurs articles.

Ces désirs de consommation ne sont pas des luxes de petits-bourgeois, c’est le train de vie normal de notre époque faisant l’envie de tout ceux qui en sont privés. C’est la nature humaine qui nous a constamment poussé à trouver des moyens pour améliorer notre existence, c’est pourquoi nous ne vivons plus dans des cavernes et nous ne nous nourrissons plus de la viande crue d’animaux chassés à coup de massue. L’abondance et le confort ont toujours été les premières préoccupations de non seulement l’être humain mais aussi de la plupart des animaux, c’est tout à fait naturel.

La plus grande erreur des théoriciens et révolutionnaires communistes

À l’époque de Karl Marx, au milieu du 19 ième siècle, la vie était très difficile, les paysans et tous les travailleurs en général devaient trimer dur pour vivre. L’industrie commençait à peine à se développer et les machines de l’époque étaient très rudimentaires, habituellement mues par des moteurs à vapeur ou par des roues à aubes. Le travail manuel occupait une très grande place dans la production et la journée de travail était souvent de douze heures, les travailleurs n’ayant habituellement que le dimanche pour se reposer un peu. Tous étaient mis à contribution, hommes, femmes et enfants.

… De nos jours, grâce à notre technologie se développant sans cesse et les richesses énergétiques à notre service, seule une faible partie des travailleurs est requise pour produire les besoins de base de l’ensemble des peuples. Nos machines sophistiquées effectuent une très grande partie du travail effectué manuellement par les humains il n’y a pas si longtemps, le rapport travail/besoins est devenu tout à fait différent. La balance de la force de travail humain peut maintenant servir à améliorer le bien-être collectif de l’humanité sans que son but soit nécessairement productif au point de vue monétaire.

Les bourgeois d’alors qui étaient propriétaires de tous les terrains, bâtiments et moyens de production étaient peu nombreux, tout comme les petits-bourgeois de la classe intermédiaire. Une partie des paysans propriétaires de leurs terres depuis des générations étaient également riches, profitant de la rente foncière de celles-ci. Le travail agricole employait encore la majeure partie de la population et d’innombrables chevaux et boeufs pour le transport des marchandises et le labour des terres. Les tracteurs à vapeur existaient déjà mais n’étaient vraiment pas très pratiques et répandus.

Le prolétariat au temps de Marx formait la grande majorité de la masse populaire qui vivait très austèrement. C’est pour améliorer leur sort que les premiers théoriciens socialistes et communistes cherchaient à créer un système vraiment juste pour tous. Ayant déterminé que seules des révolutions armées des prolétaires contre la bourgeoisie pourraient triompher du capitalisme, c’est évident qu’ils désignèrent la bourgeoisie comme étant l’ennemi à vaincre car c’est celle-ci qui perpétue et protège ce système qui les a toujours enrichi.

Il ne faut donc pas s’étonner de la diabolisation générale des bourgeois et petit-bourgeois par les premiers théoriciens communistes et les communistes eux-même, ainsi que tout ce qui les caractérisent, leur mode de vie et leurs habitudes. Pourtant, ce ne sont pas tous ces bourgeois qui ont créé ce capitalisme existant depuis très longtemps, c’est plutôt le capitalisme qui a créé la bourgeoisie, celle-ci ne fait que profiter de ce système qui était déjà là à leur naissance sans se poser de questions.

Par la suite, la tradition de haine de la bourgeoisie et tout ce qui s’y rattache s’est amplifiée. D’après Lénine, le prolétariat et la paysannerie au début du 20 ième siècle en Russie formait 90% de la population, c’était un grand pays mais la masse populaire y était encore très pauvre et arriérée. La population n’y était délivrée du servage que depuis seulement quelques dizaines d’années, plus de cinquante millions de serfs étaient soumis aux Tsars et aux nobles qui possédaient tout. Les bourgeois Russes de l’époque étaient les résidus de ces vilains riches et il n’était vraiment pas difficile de convaincre le prolétariat que ceux-ci étaient la source de tous leur problèmes et qu’il était impératif pour eux de s’en démarquer de toutes les façons possibles.

Ticket de rationnement de savon russe en 1990

Ticket de rationnement de savon russe en 1990

Le parti bolchevik de Lénine et Staline a réussi grâce à une discipline de fer sans failles et rigoureuse à mener à bien la révolution mais a commis l’erreur par la suite de maintenir l’idée que le prolétariat devait vivre austèrement et que son enrichissement ne pouvait que provoquer le retour au capitalisme.

Ceux qui s’opposaient à ces contraintes comme de nombreux intellectuels mencheviks risquaient de devenir pensionnaires des goulags ou des prisons de la Sibérie. Staline ne s’est d’ailleurs pas gêné pour exterminer des millions d’opposants à sa dictature et son incompétente bureaucratie qui contrôlait tout lors de ses tristement célèbres purges.

Ironiquement, c’est justement pour sortir de l’austérité dans laquelle le capitalisme les maintenait que les Russes ont massivement accepté le communisme. Ils se sont vite aperçu que seuls les privilégiés du parti bolchevik faisaient la belle vie, pendant que le peuple devait attendre en ligne les deux pieds dans la neige pour acheter un sac de patates ou un pain, jusqu’à la toute fin du régime en 1991. Tous les produits de consommation y était rationnés intentionnellement ou par irresponsabilité, même le savon pour se laver mais apparemment pas la vodka … C’est la mauvaise gestion de leur ressources et peut-être également la phobie de surproduire qui provoquaient constamment ces pénuries qui discréditaient complètement le communisme aux yeux du monde.

Un de mes copains Roumain qui a vécu sous le régime communiste m’a dit que dans son pays, les gens avaient amplement d’argent pour vivre, le problème étant que les tablettes des magasins étaient toujours vides. Vous avez peut-être entendu parler de l’interdiction de porter des « blue jeans » en URSS, les jeunes Soviétiques voulaient en porter tout comme les Américains et Européens mais le seul moyen pour eux de s’en procurer était de les acheter sur le marché noir. La raison de cette interdiction chauvine était semble-t-il que ce vêtement pourtant très résistant et confortable était un « symbole capitaliste » …

Le peuple chinois et la bicyclette

Le peuple chinois et la bicyclette

En Chine au milieu du 20 ième siècle, ce fut à peu de choses près la même histoire, un pays où le peuple très pauvre, analphabète, ignorant et à peine libéré d’un patriarcat quasi-féodaliste, fut aussi forcé de vivre dans l’austérité, pour les mêmes raisons qu’en URSS.

Pourtant, Mao n’avait pas du tout la même mentalité que Lénine et Staline dont le parti tout puissant, fortement hiérarchique et centralisé n’acceptait aucunes critiques et idées venant de sa base et du peuple russe. Mao croyait que seule une réelle démocratie ouvrière pouvait garantir la survie du système communiste en Chine, que le parti ne pouvait en aucun cas aller contre la volonté populaire. Il est malheureusement décédé avant que son rêve n’ait pu se réaliser et ses successeurs qui n’avaient rien compris ont jusqu’à maintenant tout bousillé.

Après la grande révolution culturelle de Mao qui avait pour but d’instruire le peuple, développer son industrie et sa technologie, les Chinois ont bien fini par s’apercevoir que les peuples des autres pays industrialisés vivaient dans l’abondance. Ces pauvres Chinois se déplaçant par millions à bicyclette se sont alors mis à rêver de posséder aussi une automobile et toutes ces choses attrayantes de notre époque que possèdent la majorité des occidentaux et qui facilitent l’existence.

Tout comme les Soviétiques, les Chinois ont espéré pendant des années le retour du libre marché capitaliste dans leur pays, voyant dans le communisme la cause de l’austérité dans laquelle ils ont été forcés de vivre si longtemps. Cette austérité était inévitable lors de la période préliminaire de développement de ces grands pays mais par la suite, elle est devenue totalement injustifiée. Ces deux peuples ont donc accueilli avec soulagement le retour précipité au capitalisme de leurs pays et le communisme leur a laissé un goût amère.

L’erreur des communistes orthodoxes d’aujourd’hui

J’ai souvent entendu de la bouche des capitalistes que le communisme consistait à « égaliser la pauvreté ». Si on regarde ce que les dirigeants communistes de l’URSS et la Chine ont fait, force est d’admettre qu’ils ont tout à fait raison. Mais ce n’est pas le système communiste qui en est la cause, c’était la mentalité des dirigeants de ces pays, leur culture du misérabilisme populaire.

Cette mentalité qui n’a plus raison d’être a pris naissance très loin, à l’époque de Karl Marx il y a plus de 150 ans, elle a été relayé par Lénine, Staline, Mao et aussi Trotsky. Les communistes d’aujourd’hui doivent bien comprendre que plus personne sur terre ne veut de ce type de communisme dépassé et privateur qui est finalement encore bien pire que le capitalisme. Les gens ont eu amplement le temps d’en observer les résultats désastreux.

Cette vieille idéologie est responsable de l’échec lamentable du communisme partout dans le monde et cette grave erreur des anciens idéologues communistes ne doit absolument pas être encore répétée, comme les communistes orthodoxes actuels semblent vouloir le faire. Si leur vision du communisme se réalisait, ils ne pourraient même plus se procurer un ordinateur et accéder à Internet pour déblatérer leurs âneries arriérées sur certains de leurs forums communistes sectaires, tous les uns contre les autres suite à des scissions enfantines causées par des désaccords sur des points insignifiants …

Cuba est le royaume des voitures anciennes

Cuba est le royaume des voitures anciennes

Le peuple Cubain a compris le principe, les réformes politiques, sociales et économiques de Cuba sont en pleine effervescence depuis quelques années. Comme je l’expliquais dans mon article intitulé La démocratie dans les pays communistes actuels, la propriété privée résidentielle n’y a jamais été abolie et les Cubains peuvent maintenant se vendre librement ou s’échanger leurs biens entre eux, ce qui inclus leurs automobiles et leur maison ou appartement, également leur résidence de villégiature à la campagne.

Si ils en ont les moyens, ils peuvent aussi voyager à l’extérieur du pays et acheter des appareils électroniques importés de Chine comme des lecteurs de CD et des ordinateurs, aussi accéder à Internet. Il y a une nette évolution dans ce pays sans pour autant renier le communisme mais comme je le mentionnais, le cruel embargo commercial et économique des États-Unis envers ce pays qui est toujours en vigueur leur rend la tâche extrêmement difficile. Dans le fond, c’est peut-être cette inaccessibilité aux capitaux étrangers qui les sauvera de la grande faillite mondiale dont les germes sont en plein développement …

Un système communiste logique ne doit pas obliger les travailleurs à vivre dans la pauvreté et l’austérité, dans le but totalement inutile de les déshabituer du mode de vie consommateur bourgeois. C’est contre nature et provoque tout à fait l’effet inverse de celui recherché. Le communisme doit au contraire permettre au peuple de s’enrichir par leur travail et vivre dans l’abondance mais sans qu’il soit possible que certains puissent s’enrichir au détriment des autres, c’est tout ce qui importe vraiment. Karl Marx n’a d’ailleurs jamais écrit dans aucun de ses textes que les communistes devaient se priver de tout et avoir seulement des revenus suffisants pour se procurer le minimum vital.

C’est la consommation qui donne du travail aux gens, ils aiment et veulent consommer et c’est ce qui leur donne le goût au travail dont les revenus leur permettent de consommer d’avantage. Si la plupart des crises du système capitaliste sont causées par la surproduction anarchique, ce n’est pas parce que les consommateurs n’ont plus besoin de rien mais bien parce qu’ils n’ont plus les moyens financiers de consommer, qu’ils sont déjà endettés jusqu’au cou et pressés de toutes parts comme des citrons.

Une situation d’un tel ridicule ne se verrait plus jamais dans un système communiste efficace car son système de création monétaire ne serait plus basé sur l’effet multiplicateur du crédit, donc l’usure pratiqué par les banques depuis plus de 200 ans. La monnaie devrait être créée uniquement par l’État ouvrier en tant que principal employeur selon les besoins de la collectivité. La très forte concurrence de cet État s’appropriant graduellement le quasi-monopole de tous les domaines de l’industrie et de l’économie finira  par anéantir le système bancaire et toutes les pratiques capitalistes injustes. Je vous reviendrai aussi sur ces sujets en détails dans mes futurs articles car ils font partie des fondements du système communiste libre et démocratique que j’ai à vous proposer, tout comme la nécessité de créer une nouvelle unité monétaire universelle commune à tous les pays dont la valeur équivaut au salaire d’une heure de travail ordinaire. Cette monnaie pourrait être utilisée parallèlement aux monnaies officielles actuelles et s’apparenterait à des bons de travail permettant d’acheter tout ce que produisent les grandes entreprises de l’État collectif à buts non lucratifs.

À voir : Le système 100% monnaie, Le crédit social, Valeur de l’unité de la monnaie et L’histoire du patriarche Soldanache

Pour anéantir le capitalisme définitivement, c’est simplement sa tête qu’il faut viser et cette tête très fragile est son système bancaire et boursier. L’ensemble du système capitaliste s’écroulera alors automatiquement et la classe bourgeoise, privée de ses moyens principaux de domination et d’enrichissement traditionnels finira par disparaître aussi, ne pouvant que consommer en liquidant graduellement les richesses matérielles qui lui resteront. Pendant la transition du capitalisme à ce néo-communisme, les bourgeois n’auront d’autres choix que de se dévorer les uns les autres. Il ne subsistera finalement qu’une classe, la classe des travailleurs qui seront absolument égaux partout dans le monde et qui décideront collectivement de leur avenir grâce à un astucieux système informatisé de démocratie directe sur Internet, accessible à tous ceux qui voudront bien y participer.

Alain Poitras – Activiste néocommuniste

( Article modifié le 7 Juin 2013 )

Advertisements

À propos de Alain Poitras

Pour un Communisme Libre et Démocratique, visitez mon blog : https://alainpoitras.wordpress.com/
Cette entrée, publiée dans Pour un Communisme Libre et Démocratique, est marquée , , , , , , , , , . Mettre ce permalien en signet.