Le marché de l’emploi pendant une dépression

Queue pour des emplois en 1929

Queue pour des emplois en 1929

Les pires conditions pour les travailleurs et chômeurs se rencontrent lors des dépressions accompagnant les crises économiques majeures, comme le krach boursier de 1929 et la crise des « prêts hypothécaires à risque » de 2008 dont les graves répercussions ne font encore que commencer et s’étendent graduellement à la planète entière. Depuis 1637, il y a eu pas moins de quarante-six crises économiques, la majorité furent localisées dans un ou deux pays et n’ont pas eu beaucoup d’influence sur le marché du travail.

Toutefois, sept d’entre elles ont touché plusieurs pays, créé beaucoup de faillites et de chômage, et ont été considérées par les économistes comme à grand risque systémique : 1836, 1857, 1873, 1890-1893, 1929, 1982 et 2008.

Les pays les plus fréquemment touchés par les crises furent les plus capitalistes de tous : l’Angleterre, la France, l’Allemagne et les États-Unis. C’est sans surprises que vous apprendrez qu’il n’y a eu que deux crises mineures au cours des Trente Glorieuses de 1945 à 1973, celles de 1966 et 1969 qui ont été toutes deux causées par un resserrement du crédit.

Les crises peuvent avoir deux choses en commun, soit de mauvaises décisions de gouvernements ou de grandes banques, soit des bulles spéculatives de toutes sortes. Ces bulles sont une caractéristique principale du capitalisme et sont causées par la folie des bourgeois et leurs investissements frénétiques et disproportionnés pour s’enrichir toujours plus rapidement.

Le Krach de 1929 a été causé par une bulle spéculative gonflant depuis le début des années ’20. En 1926, un nouveau système d’achat à crédit d’actions fut implanté et permis à la bourse de Wall Street. Les investisseurs pouvaient acheter des actions avec une couverture de seulement 10% …

Ils se sont endettés par millier pour faire grimper les valeurs boursières nettement au-dessus de leur valeur réelle et c’est ainsi que tout s’effondra brusquement à partir du 24 octobre 1919. Plusieurs ont tout perdu et la Grande Dépression qui s’en suivi, causant un épouvantable chômage, ne pris fin que dix ans plus tard avec le déclenchement de la Deuxième Guerre mondiale.

La crise de 2008 a été causée par un ensemble de facteurs de nature spéculative depuis aussi loin que 1971, des investissements irréfléchis des bourgeois, des gouvernements et des grandes banques. À la fin de 2008, trente pays étaient officiellement entrés en récession, il y en a maintenant énormément plus, la quasi-totalité … La Chine et le Canada sont maintenant aussi en train d’y sombrer.

Les causes principales de la grande dépression actuelle sont : L’endettement des américains et la bulle immobilière, les déséquilibres de la balance commerciale américaine et l’excédent chinois, la non-régulation des produits dérivés, la baisse des taux directeurs de la Fed, l’illusion du « marché parfait », l’incompétence, la cupidité et le hasard sauvage du système financier.

Au Canada

Canada : Vacations Unlimited / Canada : Vacanc...

Bienvenu au Canada

Mon pays le Canada qui est souvent vu comme un exemple pour le monde a fait la pire chose à faire en temps de dépression. Les banques canadiennes ont abaissé leurs taux d’intérêts à des bas niveaux historiques afin de stimuler l’économie et inciter les consommateurs à s’endetter pour acheter aveuglément.

Pourtant, ce fut la cause de plusieurs grandes crises du passé car lorsque les taux d’intérêts finissent inévitablement par remonter, c’est la catastrophe et les faillites en série. Le chômage et les faillites font déjà des ravages ici, imaginez ce que ce sera lorsque ce moment fatidique arrivera car comme toujours dans le passé, il arrivera à un moment où la majorité inconsciente et ignorante ne s’y attend pas vraiment.

Le pays et ses provinces sont déjà endettés pour très longtemps, c’est le chantage capitaliste de la dette publique dont Karl Marx parlait déjà il y a 160 ans qui est en train de détruire l’économie et la vie des peuples de la plupart des pays. Même les plus riches en seront affectés en bout de ligne car c’est ainsi que le capitalisme finira par s’auto-détruire dans le chaos total. L’avenir s’annonce aussi très sombre pour les canadiens, pendant que les bourgeois insouciants font la fête et se graissent la patte plus que jamais. Ils ne se rendent pas compte de la présence et la lourdeur de l’épée de Damoclès leur pendant au dessus de la tête.

Pendant ce temps, ces mêmes bourgeois accusent les chômeurs d’être responsables de la crise … Leurs médias de droite vont même jusqu’à faire croire à la populace crédule qu’il y a une pénurie de main-d’oeuvre sans qu’il y ait de relève et que nos gouvernements sont obligés de faire entrer des immigrants en masse pour occuper tous ces supposés postes vacants. Mais ceci est en train de changer avec le gouvernement conservateur de Stephen Harper dont la prochaine étape sera sûrement le protectionnisme. Les gens intelligent savent bien que c’est pour que les immigrants votent pour leurs partis bourgeois comme ils le font avec leurs « promesses électorales vertes » pour s’approprier les votes des écologistes formant une très grande partie de l’électorat.

Ils nous mentent aussi effrontément sur les taux de chômage officiels d’environ 8% alors qu’en réalité, ils sont de plus de 20% … Ces taux de chômage sont basés sur les statistiques nébuleuses du gouvernement canadien et ne concernent que les chômeurs toujours considérés sur le marché du travail parce qu’ils sont officiellement à la recherche d’un autre emploi. Ils se gardent bien de mentionner au grand jour que tous ceux qui ont abandonné leurs recherches d’emplois et les centaines de milliers d’assistés sociaux du pays considérés comme inactifs ne font pas partie des groupes servant à établir les taux de chômage, ni les étudiants, ni les personnes vivant au crochet de leur conjoint qui a un emploi et ni les sans-abri. Ces taux de chômage ne sont donc que de la poudre aux yeux pour manipuler la population ignorante qui n’ira jamais vérifier leurs véritables sources.

Juste au Québec, il y a plus de 500000 assistés sociaux dont la majorité sont sans espoirs de se trouver un emploi un jour sur une population d’à peine plus de 8 million et plus de 30000 sans-abri sans aucun revenu à Montréal dont près de la moitié sont d’origine autochtone. À l’échelle canadienne, on estime à 300000 le nombre des sans-abri dont 40% sont d’origine autochtone, plusieurs meurent de faim ou de froid chaque année dans l’anonymat sous les yeux égoïstes et hautains des bourgeois qui ne font absolument rien pour les aider …

C’est comme ça dans toutes les provinces et grandes villes du Canada, un des pays les plus riches de la planète, « le plusse beau pays au monde » comme disait Jean Chrétien, un de nos anciens premiers ministres libéraux. La grande majorité des bourgeois sont sans pitié pour les plus pauvres, nous les communistes révolutionnaires seront un jour sans pitié pour ces bourgeois cupides responsables de toute cette pauvreté et ils l’auront bien mérité …

Le filtrage des candidats

Prolétariat agricole au chômage

Prolétariat agricole au chômage

Plus il y a de chômage et plus les préjugés de la populace envers les chômeurs sont grands, c’est loin d’être une nouveauté car Karl Marx en parlait déjà abondamment dans ses textes il y a plus de 160 ans.

Paragraphe légèrement modifié le 11 septembre 2014

La classe moyenne que l’État bourgeois oblige à payer pour faire vivre ces millions de sans-emplois afin qu’ils ne se révoltent pas dans un terrible bain de sang les accuse de tous les maux. Tous les qualificatifs les plus méprisants que vous pouvez imaginer sont employés envers les plus pauvres notre « belle société », comme se plaisent à dire  nos stupides bourgeois suffisants.

Même ceux qui savent qu’il y a présentement un taux de chômage endémique refusent de partager les tâches de leurs entreprises avec ces millions de chômeurs, se battant pour conserver leurs emplois souvent grassement payé et refusant de perdre la moindre petite parcelle de leur si précieux salaire. Pendant ce temps, ces travailleurs qui sont souvent des syndiqués privilégiés qui monopolisent les meilleurs emplois se lamentent sans cesse qu’ils doivent payer pour ceux qui n’ont jamais eu la chance d’en avoir un bon et qui n’ont souvent plus d’espoir de s’en trouver un dans l’avenir.

Les médias bourgeois nous mentent aussi à propos des types d’emplois nouvellement créés, laissant croire que ce sont tous des emplois à temps plein payants. La réalité est que ce sont des emplois dont les salaires avoisinent le minimum et qui sont très souvent temporaires, à temps partiel et saisonniers, la lie du marché du travail, c’est tout ce qui reste. Évidement, tous les salaires en temps de dépression ont tendance à baisser au plus bas niveau possible, ce qui touche les travailleurs qui ont un nouvel emploi ou risquent de perdre celui qu’ils ont déjà pour être remplacé par d’autres acceptant de plus bas salaires.

Tous les préjugés de la populace envers les chômeurs sont également partagés par la grande majorité des employeurs, souvent des snobs riches, arrogants et dominateurs. Un des grands principes du capitalisme est de constamment avoir à sa disposition une réserve de prolétaires sans travail dans laquelle les capitalistes peuvent piger allègrement leur main-d’oeuvre à bon marché au besoin.

Manifestation à New York le 21 mars 1914

Manifestation à New York le 21 mars 1914

Lorsque cette surpopulation de travailleur devient trop grande, ils resserrent les conditions d’embauche au maximum pour bien filtrer les candidats. Ils mettent même les établissements scolaires à contribution dans ce filtrage, ce ne sont plus les connaissances acquises qui comptent le plus maintenant, d’ailleurs, les bulletins scolaires ne sont même plus chiffrés et les écoles laissent passer les pires cancres et tricheurs en autant qu’ils soient de droite.

Ce qui compte maintenant sont ce qu’ils appellent « les compétences transversales », la production de futurs employés dociles et sociables, des larbins sans caractère ni orgueil, les étudiants gauchistes sont très vites repérés et fichés comme tels puis expulsés des écoles à la première occasion. Tout est en place dans notre État ultra-bourgeois pour anéantir les rebelles et les gauchistes, les acculer au chômage pour le restant de leur existence, c’est comme ça que ça fonctionne au Québec et sûrement aussi dans le reste du Canada.

Pour un seul emploi offert dans les grandes villes, il n’est pas rare que les employeurs reçoivent plus de mille curriculum vitae dont l’immense majorité se retrouve directement dans la poubelle. Afin de diminuer le nombre d’offres de candidatures, ils exigent des compétences totalement démesurés pour les tâches à accomplir souvent très simples, toujours plusieurs années d’expériences et au minimum un diplôme d’études secondaire, ce qui défavorise les plus âgés très nombreux à ne pas en posséder un. J’ai même déjà vu une annonce exigeant un diplôme universitaire pour un emploi de laveur de vaisselle …

Les employeurs exigent maintenant des cartes de compétences et d’avoir suivi des cours spéciaux et spécifiques pour à peu près tous les postes offerts. Les chercheurs d’emplois âgés sont souvent très polyvalents, ayant exercé plusieurs métiers au cours de leur vie, mais ils ne peuvent avoir suivi de cours et détenir toutes ces cartes qui autrefois n’étaient pas exigés. Il n’y a pas si longtemps, la plupart des travailleurs apprenaient leur métier au travail, sur le tas comme on dit ici, mais cette belle époque est résolument terminée.

Aujourd’hui, ils sont littéralement bloqués par les « spécialistes des ressources humaines », habituellement de jeunes « têtes enflées » de droite fraîchement sorties des universités qui ne connaissent absolument rien des métiers offert par leur entreprise et qui sont totalement incapable de juger des compétences des postulants. Leur première tâche consiste à bien filtrer les demandeurs d’emplois.

Pour ajouter à la difficulté, les employeurs font de plus en plus appel à des agences d’emplois pour embaucher leur personnel et se détacher de leur responsabilité envers leurs employés. C’est surtout le cas des grandes entreprises des grandes villes. Évidement, ces agences aussi font appel au filtrage par ces « spécialistes des ressources humaines » qui font le trouble partout où ils se trouvent.

Ils enquêtent sur tous les candidats et ceux de plus de 50 ans n’ont pratiquement aucune chance d’être embauchés, ni ceux qui ne sont pas suffisamment diplômés, qui ont déjà été sans travail plus de quelques mois dans le passé ou qui ont déjà abandonné un emploi, ces derniers sont immédiatement considérés instables et indésirables. Ils ne se gênent pas pour contacter leurs anciens employeurs pour tout savoir sur leurs cas, ceux-là même qui les ont congédié souvent à cause d’un conflit de personnalité … Nous sommes maintenant à l’ère de la suspicion générale et l’espionnage néo-Nazie.

Les postulants faisant partie d’une minorité visible comme les noirs, les arabes et les latino-américains ou les gais et lesbiennes sont aussi très souvent écarté du marché du travail à cause de leurs origines ethniques ou leurs orientations sexuelles, les blancs hétérosexuels passent presque toujours avant eux.

Laissez moi vous dire que l’attitude des employeurs fait qu’en temps de dépression comme actuellement, les chômeurs qui bénéficient de l’aide sociale depuis plusieurs années et ceux qui ont un dossier criminel, même pour un délit très bénin, n’ont pratiquement aucune chance de se trouver un emploi. Surtout si en plus ils sont âgés, ne sont pas syndiqués et n’ont pas l’expérience, les diplômes et les cartes de compétence requises pour les rares postes offerts.

La « cerise sur le Sunday » est que les employeurs vérifient très souvent ce que les postulants ont écrit sur Internet … Je réserve ma vision du marché du travail dans un monde communiste libre et démocratique pour un futur article. Ce serait totalement différent de l’enfer vers lequel nous nous dirigeons tous avec le capitalisme si cher à nos bourgeois insouciants actuellement bien emmitouflés dans leur ouate rose.

Alain Poitras – Activiste néocommuniste

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À propos de Alain Poitras

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